Grandir avec Confucius

Du rite

: le rite

À cause de sa fonction sociale – relier, former un esprit de corps, forger une sensation communautaire -, le rite fait partie des rares éléments communs à toutes les sociétés de l’Antiquité.

« Les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l’espace

Car il est bon que le temps qui s’écoule ne nous paraisse point nous user et nous perdre comme la poignée de sable, mais nous accomplir.

Il est bon que le temps soit une construction.

Ainsi je marche de fêtes en fêtes, d’anniversaires en anniversaires et de vendanges en vendanges »*

* Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, Gallimard, 1948

Confucius aurait apprécié cette phrase de Saint-Exupéry, dans la mesure où elle explique une valeur du rite qu’on oublie trop souvent. Par sa simple répétition rythmique, le rite produit un effet d’entraînement moral. Grâce à l’intériorisation du rituel, l’honnêteté peut devenir une seconde nature. Sans avoir besoin des lois et des châtiments, elle incitera à agir mieux.

Sans la tempérance que procure le rituel, politesse et respect deviennent flatteries laborieuses, prudence réservée devient timidité peureuse, audace et bravoure deviennent rebellions séditieuses, droiture et franchise deviennent intolérances injurieuses*

    * Entretiens 1/12

Maître YOU, un des deux seuls disciples de Confucius avec Maître Zeng à être gratifié du titre de « maître » habituellement réservé à Confucius dit :

« Dans la pratique des rites, c’est l’harmonie qui prime. (…)

Il est toutefois une chose à éviter : cultiver l’harmonie pour l’harmonie, au lieu de se régler sur le rituel »*

Entretiens 1/12

À la différence de Hobbes, pour qui l’homme est un loup pour l’homme dont la violence doit être contenue par les lois, Confucius pense que les humains sont des êtres naturellement sociaux car ils naissent dans un groupe familial et grandissent dans l’attachement spontané entre parents et enfants.

Le rite n’est là que pour renforcer et réguler cet élan affectif vers autrui.

Dans cette perspective, le rite devient ce qui permet à chacun d’être toujours totalement soi-même en faisant corps avec la situation.

Cette conception chinoise du rituel apparaît clairement lorsqu’on rapproche la forme traditionnelle de l’idéogramme « rite » 禮 avec l’un des idéogrammes les plus employés pour désigner le corps humain .

les deux mots ont en commun leur partie droite qui évoque des rituels agraires et saisonniers, combinée à gauche avec le signe général des os et de la chair pour le corps.

Cette similitude graphique n’est pas le fait du hasard mais l’affirmation que pour l’esprit chinois, suivre les rites c’est, à chaque fois, faire corps avec le moment.

Suivre les rites c’est faire corps avec le moment

Profondément moderne, la pensée de Confucius nous invite à éprouver la joie à travers un processus de constante amélioration personnelle.

Cet ouvrage commence par situer Confucius dans l’histoire de la Chine. Il décrit ensuite l’évolution et la postérité de sa pensée. Enfin, il présente l’enseignement de Confucius sur les questions politiques, sociales et personnelles.

Un cahier de 16 cartes détachables en fin d’ouvrage est consacré aux disciples de Confucius.

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