Grandir avec Confucius

Du rapport avec les autres

« Ne jamais faire aux autres ce qu’on n’aimerait pas qu’ils nous fissent » *

Ce principe*, qui apparaît à cinq reprises dans les Entretiens sous différentes formulations et que les commentateurs chinois appellent la « règle d’or » tant il est en accord avec l’idée confucéenne de ne trouver qu’en soi-même les principes de la conduite morale.

Pour Confucius, le seul étalon acceptable pour juger de l’adéquation morale est en chacun de nous.

C’est pourquoi ce diapason, comme un luth qu’on accorde, comme un couteau qu’on affûte, doit constamment être affiné par l’étude de façon à pouvoir, au-delà des circonstances, toujours distinguer l’action appropriée à chaque moment en particulier.

* Entretiens 15/24

 

« L’enseignement du maître consiste en une seule chose:

exigence (envers soi-même), indulgence (envers autrui), un point c’est tout » *

             * Entretiens 4/15, propos de maître Zeng, disciple de Confucius

Indulgence et exigence

Les idéogrammes rendus ici par « indulgence » (恕 shù) et « exigence » (忠 zhōng) ont la particularité d’être l’un et l’autre écrits avec le signe du cœur, significateur général des pensées et des sentiments.

Dans le caractère « exigence », le signe du coeur est associé au caractère zhong 中, qui évoque la justesse par l’image d’une flèche traversant la cible en son milieu. L’exigence soulignée par le mot zhong désigne toujours aujourd’hui non seulement l’exigence de fidélité, de loyauté, d’honnêteté en général.

C’est le versant Yang, dirigé vers l’extérieur, de l’enseignement de Confucius: avoir envers autrui l’attitude qui convient à la personne et à la situation.

Dans le caractère « indulgence », qui signifie toujours aujourd’hui « être bienveillant, tolérant, indulgent ; pardonner », le signe du coeur est associé au mot rù, qui évoque une idée de conformité, d’équivalence.

C’est le versant Yin, dirigé vers l’intérieur, de l’enseignement de Confucius : se comporter envers les autres comme on voudrait qu’ils se comportent envers nous-mêmes.

Pour Confucius, bien moins que la faute elle-même, ce qui est fautif, c’est l’inadvertance. Qui est incapable de s’apercevoir qu’il a mal agi sera impuissant à se corriger.

On retrouve ici l’importance que Confucius porte à l’étude en ce qu’elle sert à aiguiser le discernement permettant une discrimination plus fine de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas.

À ses yeux, la seule chose vraiment fautive n’est pas la faute, mais l’indolence. Ne pas saisir l’occasion de l’erreur commise pour en prendre conscience, s’en désoler ou s’en culpabiliser, au lieu d’en profiter pour avancer, voilà la véritable faute.

La seule faute que l’on doit se reprocher n’est pas d’avoir commis une faute,

mais de ne pas en avoir profité pour s’améliorer.

Profondément moderne, la pensée de Confucius nous invite à éprouver la joie à travers un processus de constante amélioration personnelle.

Cet ouvrage commence par situer Confucius dans l’histoire de la Chine. Il décrit ensuite l’évolution et la postérité de sa pensée. Enfin, il présente l’enseignement de Confucius sur les questions politiques, sociales et personnelles.

Un cahier de 16 cartes détachables en fin d’ouvrage est consacré aux disciples de Confucius.

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