Grandir avec Confucius

Confucius et le Yi Jing

Il nous faut parler d’un apport indirect, mais essentiel, du maître de Qu Fu : sa contribution au Yi Jing, le Classique des Changements, ouvrage qui, au début de la dynastie des Han, fut placé par l’empereur Han Wudi aau premier rang des classiques confucéens. Sa connaissance approfondie était exigée pour les lettrés bruguant les postes mandarinaux et deviendra la matière commune des examens impériaux.

Le texte canonique du Classique des Changements, dont les parties les plus anciennes remontent à l’invention de l’écriture idéographique, sera, tout au long de la dynastie des Han, agrémenté de commentaires savant qui vont fonder la particularité du point de vue chinois sur le fonctionnement de la dynamique du monde, ce « penser par deux » dont l’emblème deviendra le dessin de la danse alternante du Yin-Yang.

Rassemblés sous le nom de « Dix Ailes », les différents chapitres de ces commentaires officiels (où le terme Yin-Yang apparaît pour la première fois dans le sens philosophique qu’il a gardé jusqu’à nos jours) ont été attribués en bloc à Confucius.

S’appuyant sur de multiples découvertes archéologiques des dernières décennies, grâce auxquelles l’histoire de la lente élaboration du Classique des Changements peut être retracée plus précisément, les historiens chinois et étrangers s’accordent aujourd’hui pour considérer cette attribution comme tout à fait légendaire.

Mais en Chine comme ailleurs, l’imaginaire est une part importante de l’espace social et politique.

En attribuant à Confucius la totalité des commentaires canoniques du Yi Jing, les mandarins de la dynastie Han signifiaient par là de la fréquentation du Classique des Changements était un excellent chemin pour atteindre l’objectif principal de Confucius :

l’attitude juste au moment opportun

Comment pareille béatification posthume a-t-elle été possible, sachant que Confucius est mort deux siècles et demin avant l’avènement des Han ?

Grâce à une particularité d’une trentaine de paragraphes des Dix Ailes (parmi les plus conceptuels) qui sont introduits par la formule : « le maître dit » (zĩ yuẽ ), sans que nulle part ne soit précisé qui est « le maître ».

Il a donc simplement suffit aux lettrés Han d’expliquer qu’il était tellement évident que ce « maître » était Confucius, que le texte n’avait pas jugé utile de le préciser. 

Malgré le contraste avec les texte des Entretiens dans lequel le nom de Confucius est, à quarante-sept reprises, explicitement accolé à son titre (Kǒngzǐ  孔子 , maître Kong), le tour de passe-passe a bien fonctionné, et deux mille ans après, il y a encore des auteurs qui n’y voient que du feu.

Cette attribution a pour effet de placer le Classique des Changements au premier rang des ouvrages qui ont constitué le fondement de l’éducation lettrée durant les millénaires de la Chine impériale.

Aujourd’hui, dans la Chine moderne, on redécouvre toute l’importance et l’efficacité de cette culture ancestrale.

Le Yi Jing est étudié dans les grandes universités chinoises, non seulement dans les départements de philosophie, mais aussi dans les départements de gestion et de management.

L’attitude juste au moment opportun

Lorsque Confucius emploie le mot « étudier », il ne parle pas d’une étude livresque et abstraite, mais au contraire du développement de cette faculté de discernement qui permet de ne pas agir à contretemps lorsqu’on perçoit un changement dans la situation qu’on est en train de vivre.

Cette qualité, l’attention aux signes précurseurs des retournements de situation, n’est pas uniquement confucéenne, elle imprègne tote la pensée antique chinoise et son expression la plus accomplie sera le Yi Jing.

La particularité de Confucius est d’avoir insisté sur le fait que le type d’intelligence qui se doit d’être prioritairement cultivé est l’intelligence conjecturale, celle qui permet d’analyser une situation non dans son état, dans dans son déroulement, de façon à pouvoir anticiper son évolution probable et réagir à chaque bifurcation avec l’attitude opportune.

C’est en cela que Confucius est parfaitement à sa place sans le Yi Jing.

Profondément moderne, la pensée de Confucius nous invite à éprouver la joie à travers un processus de constante amélioration personnelle.

Cet ouvrage commence par situer Confucius dans l’histoire de la Chine. Il décrit ensuite l’évolution et la postérité de sa pensée. Enfin, il présente l’enseignement de Confucius sur les questions politiques, sociales et personnelles.

Un cahier de 16 cartes détachables en fin d’ouvrage est consacré aux disciples de Confucius.

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